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Il était assez petit, trapu, vêtu d'un complet veston blanc, et d'une chemise bleu myosotis, toujours ouverte, il faisait très chaud, c'était un été caniculaire. Il tapait à grand coups de poing sur le piano droit de l'école, parlait haut et fort. Ses directives contrevenaient en tous points à celles reçues pendant l'année du chef de choeur. Il trouvait que nous chantions faux, et que nos staccati n'étaient pas assez détachés (il n'avait pas tout-à-fait tort). En fait il était tard pour tout reprendre à zéro, et il n'avait pas raison sur toute la ligne.
Nous étions de bonne composition, il venait du théâtre d'Angoulème, me semble-t-il, il avait été délégué auprès des sopranes et alti pour nous remettre dans les rails avant le festival.
"MI-MI-MI" hurlait-il en martelant le piano et la note fatidique, si bien qu'elle se rompit!
Plus de mi aigu dans notre piano! Il vociférait comme si cet incident était de notre faute!

J'avais de la sympathie pour lui, et pour sa façon si anachronique de nous enseigner, ou de nous "redresser", mais dieux, quelle rage!
A mes côtés, ma toute jeune fille Ara ne pouvait se contenir de "pouffer"!
Je l'aurais bien vu dans le rôle titre d'une opérette satirique sur le thème des choeurs et des maîtres de chant! (il nous faudra l'écrire quelque jour prochain!)


On l'a chanté notre Haendel, et le festival fut magnifique!
The King Shall Rejoice!

 

Tah émue à ce souvenir perso!